mercredi 16 octobre 2013

Tolkien et les Sept Arts

Grammaire 
 Très fameusement, John Ronald avait le goût de ne pas seulement apprendre des grammaires existantes mais aussi d'en inventer des non-existantes. Il croyait que le passe-temps était rare, mais il croyait avoir trouvé une âme soeur le jour où dans les campements militaires de la Guerre contre Prusse il entendit un homme dire "je crois que je vais exprimer l'accusatif avec une préposition".

Les grammaires de Quenya et de Sindarin ont servi comme parti de l'arrière-fonds de ses récits à échelle épique. Le passage des glâces de Helcaraxe ou la forêt de Nanduhirion ... (à prononcer chaque lettre comme en Latin - Helcaraxe est en Quenya et Nanduhirion en Sindarin).
Dialectique 
 Il croyait fermement que le récit était mieux et plus fantastique pour avoir une logique cohérente interne. Il s'y appliquait aussi. En plus il débusque la mauvaise logique des réflexes du malin dans ses récits ... elle coincide souvent avec la mauvaise logique des révolutionnaires, que ce soit anticléricaux ou que ce soit des transhumanistes.
Rhétorique 
 Pas mal des dialogues donnent en passant des positions clefs, de ses charactères bons comme des mauvais, exprimées en très sollenelle rhétorique. Il n'est pas insensible à la rhétorique de la fidélité féodale non plus.
Arithmétique 
 Il a eu l'empathie avec les gens ayant six doigts de leur donner un système d'arithmétique ... notons qu'il ne fait pas partie des récits publiés, on le trouve dans les lexiques tolkienesques.

À part ça, oui, il sait très bien compter, que ce soit le nombre de générations dans une généalogie qu'il construit ou que ce soit le nombre de jours une certaine traversée prend à pied en courant, à pied en marchant ou à cheval.
Musique 
 St Augustin d'Hippone comptait comme faisant partie de la musique les formes de vers. Tolkien y a ajouté une ou deux.

Prenons la strophe ambrosienne, faisons rimer les lignes deux et quatre, peut-être aussi la une. Divisons la ligne trois en deux moitiés que riment ... voila une strophe de Tolkien.

Et la musique joue une tellement grande rôle dans son imaginaire. Aïnulindale donne une méditation quasi musicale sur De Genesis ad Litteram Libri Duodecim livre 5-6 (la fameuse et souvent de nos jours mal interprêtée non-litéralité des six jours chez St Augustin) avec un verset de Job.
Géométrie 
 Notre auteur faisait lui-même ou en collaboration avec son fils Christopher les cartes de son monde imaginaire. Et il construisit les histoires de manière que la carte devienne rélévante aussi. Les maisons - que ce soit les trous de hobbits ou les palais et les villes (Minas Tirith est modelé sur Mont St Michel).
Astronomie 
 Il semble avoir considéré la constellation Orion comme un "guardien" contre le mal. [Si quelque association il y a entre Nimrod et Orion, alors ça ne veut nullement dire que les étoiles d'Orion soient mauvaises comme Nimrod est mauvais. Le mal n'a pas de place si haut que ça. - Mais ceci on ne peut pas trouver directement chez Tolkien. - Plutôt qu'elles font attention à ce qui lui concerne, pour avertir de lui.] Chez Tolkien cette constellation s'appelle Menelmacar - porteur de glaive (macar) du ciel (menel).

Rappelons qu'il a "inventé" (ou revalorisé pour ses histoires) deux cosmologies (pour avant et après un cataclysme) dont la première mais non la deuxième a une terre plate et les deux une terre au centre de l'univers. Rappelons qu'il a inventé (ou revalorisé ne fût-ce que pour ses histoires) la conception médiévale que les planètes sont des boules de feu ou assez pareil menées par des êtres angéliques. Et notons, en passant, qu'au Moyen Âge ceci n'était nullement une vue hérétique, mais au contraire assez normale à la Sorbonne aux temps de l'évêque Tempier et de Sts Thomas d'Aquin et Bonaventure et Maître Albert aussi. Que je sache, elle n'a jamais, grand jamais été condamnée par l'église.

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