jeudi 28 mars 2013

Géocentrisme contemporain même connu en français? Wow!

La bonne nouvelle, dans un certain contexte, est que finalement je trouve une page en français qui traîte de Sungenis et du géocentrisme contemporain (il y a des choses qui sont beaucoup plus sacrées comme Bonne Nouvelle un Jeudi Saint, mais je reconnais mon indignité, vu qu'une querelle avec la paroisse m'ait pu amener à m'abstiner de la Communion les dernières années). La mauvaise nouvelle est que cette page n'est pas très géniale:

Brigitte Axelrad - SPS n° 294, janvier 2011
« Galilée avait tort : l'Église avait raison »
http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article1589


Première remarque: elle cite bien-sûr l'œuvre de mon cher Sungenis.

Deuxième remarque: elle la cite apparemment sans l'avoir lue. La preuve? Je la cite:

Les adeptes du géocentrisme ne peuvent, eux, se référer qu'à la Bible. À chaque argument scientifique, ils répondent : « Il est dit dans la Bible que… ».


Une partie de l'œuvre de Sungenis est effectivement là pour rappeler l'autorité biblique. Une partie pour rappeler celle de St Robert Bellarmin (en 1616) et surtout du Pape Urbain VIII (en 1633). Mais une partie est aussi là pour les arguments scientifiques en faveur du géocentrisme. Et la citation que je viens de faire ne montre pas que Brigitte Axelrad ait lu cette partie là.

Michelson-Morley et Sagnac? Non? « Les expériences scientifiques montrent que la terre est immobile au centre de l'univers » - c'est une rubrique de chapître qu'elle a lu. Mais après de la citer, elle ne cite pas les expériences scientiques que ce chapître donne, que Sungenis et les autres citent fois après fois, à savoir Michelson-Morley et Sagnac, mais simplement son évaluation des compétences des impliqués.

Rappelons, je cite ceci d'après mes connaissances en Sungenis et son livre et son œuvre, que:
  • Michelson-Morley donne que: "soit il n'y a pas d'éther qui soit le médium de la lumière, soit la terre est immobile dans cet éther";
  • Sagnac donne que: "la lumière se répand dans un éther, car sa vitesse est affectée par la vitesse du médium";
  • ensemble ils donnent le syllogisme:
    • si la lumière se répand rélative à un médium, la terre n'a pas de mouvement autour du soleil (MM)
    • mais la lumière se répand rélative à un médium (Sc)
    • donc la terre n'a pas de mouvement autour du soleil (conclusion de Sungenis)


Mes sympathies de ne pas avoir parcouru les 350 pages de science (je n'ai pas eu accès au livre moi-même), mais si on veut faire la critique d'un livre, soit on se borne à critiquer ce qu'on lit (comme je viens de faire avec Guide critique de l'évolution*), soit on se tait par le fait de ne pas avoir lu. Brigitte Axelrad prétend avoir lu ce qu'il fallait, mais ne cite pas ce qu'il fallait citer pour critiquer le livre - sans doute plus facile pour son but polémique.

En plus, troisième remarque, elle résume un point valable comme ceci: « Le Géocentrisme : Ils le savent, mais ils le cachent », reprenant le thème récurrent de la théorie du complot. Non, il ne s'agit pas d'un complot dans le sens classique, comme par exemple un complot de noircir Marie Stuart avec les Casket Letters. Il s'agit plutôt d'une non-volonté (collective) d'admettre qu'on ait été sur la fausse piste - précisément ce qu'elle reproche à nos chers géocentriques des États-Unis, dont Sungenis.

Quatrième remarque, elle ne sait pas différencier "géocentrisme" et "ptoléméisme" ou même "système géocentrique hérité d'Aristote" - assez fatal, vu que St Robert Bellarmin et son homonyme Robert Sungenis n'étaient et ne sont pas adeptes du Ptoléméisme, mais du Tychonianisme, dans le cas de Sungenis avec une modification que je partage (ellipses au lieu de cercles parfaits) et une que je ne partage pas (que les étoiles soient aussi fixés en orbite sécondaire autour d'un soleil dont l'orbite est le primaire). La preuve, elle dit cette ineptitude:

Mais quelle preuve avait-on de l'héliocentrisme, avant la Relativité ? Dans le géocentrisme du début du XVIIe, tout tourne autour de la Terre. La Lune, puis dans l'ordre, Mercure, Vénus, le Soleil, Mars, Jupiter et Saturne (Uranus et Neptune n'ont pas encore été découverts). À partir de 1609, Galilée, pointant la lunette astronomique vers les cieux, va lui trouver des « défauts ». En janvier 1610, il découvre quatre petits astres tournant autour de Jupiter, qu'on appellera par la suite les satellites galiléens. Cela remet partiellement en cause le géocentrisme. Quelques mois plus tard, il découvre que Vénus, comme la Lune, a des phases. Cela ne contredit pas le géocentrisme, mais on ne peut expliquer pourquoi Vénus est de plus en plus petite au fur et à mesure qu'elle devient pleine, alors que l'héliocentrisme de Copernic explique sans peine le phénomène : si Vénus rapetisse au fur et à mesure qu'elle s'illumine, c'est parce que, vue depuis la Terre, elle passe de l'autre côté du Soleil. Ce qu'elle ne peut évidemment pas faire dans le système géocentrique hérité d'Aristote.


Galilée n'a jamais, grand jamais été obligé de retracter ses observations sur les phases de Vénus. Elles s'expliquent très bien dans le système de Copernic, elles s'expliquent autant bien dans le système de Tychon Brahé, que ni l'Inquisition de 1616, ni les juges de 1633 n'ont mis en cause. Or, le système de Tychon Brahé est précisément géocentrique, il dit que la Terre est centre absolu de l'univers et le soleil un centre éloigné et lui-même en rotation autour de ce centre absolu, et que en dehors de la terre, uniquement la lune, le soleil lui-même et les étoiles fixes n'orbitent pas directement autour du soleil. Une position que les phases de Vénus ne peuvent pas refuter. Et que Michelson Morley et Sagnac ont chacun de son côté confirmée.

Cinquième remarque, elle fait de la rhétorique floue dans un certain sens:**

Chaque découverte de la science apporte une nouvelle preuve que le géocentrisme n'est pas une représentation qui correspond à la réalité.


Elle ne dit pas lesquelles. Ni comment. Peut-être parce qu'elle a un agenda? Voyons:

La science des coperniciens avait en face d'elle les Écritures et la croyance en une vérité révélée et devait livrer bataille contre l'irrationnel. C'était les savants qui étaient persécutés.


Et c'est qui qu'elle cite tout en haut? Un communiste connu, Berthold Brecht. Et un drâme dont Galilée est le héros. Je préfère alors plutôt Le cercle de craie Caucasien.

Hans-Georg Lundahl
Mouffetard
Jeudi Saint
28-III-2013

*Triviu, Quadriviu, 7 cætera : Guide critique de l'évolution? Un guide critique sur certains points! [sur certains points, et non pas sur tout le livre, donc]
http://triv7quadriv.blogspot.com/2013/02/guide-critique-de-levolution-un-guide.html


** En une autre page, je viens d'avoir la preuve que l'enseignement public semble repandre un malentendu à propos le géocentrisme dantan:

C'est ainsi que longtemps on s'imagina que la Terre constituait le centre de l'univers, et que tous les astres visibles gravitaient autour d'elle.


On n'imaginait point de tout que ce qui n'était pas le centre "gravitait" forcément autour du centre. En avez-vous des preuves que ça soit le cas qu'il le fasse maintenant, d'ailleurs, plutôt que d'orbiter pour d'autres raisons, par exemples volontaires de la part de Dieu et des anges? Question que je viens aussi de poser à Sungenis, car il se vante d'une "mécanique du géocentrisme" ... comme je ne le fais pas.

La source de cette dernière citation est d'ailleurs une page qui ne cite même pas Tychon Brahé - et qui a été rédigé sous les directives d'un professeur de lycée:

Hélio- /Géocentrisme
http://camille.ollivier.free.fr/Helio-geo-centrisme/


Mise à jour, 16-IV, réactions:

I Brigitte Axelrad n'a pas répondu. J'ai vu son profile où elle met un lien vers Observatoire Zététique. La zététique et - pour faire simple - un "esprit critique" appliqué précisément envers des prétentions surnaturels, comme spiritisme, ufologie, tout ça, mais aussi envers le surnaturel religieux, donc envers Lourdes (me semble-t-il), envers la Résurrection (peut-être) et surtout envers le Créationnisme Jeune Terre dans ce contexte. Donc envers le Géocentrisme aussi.

L'idéal du zététique est Scooby Doo ou - dans le Chien des Baskervilles - Sherlock Holmes. Le mystère ne survit qu'à distance, on approche les regards et c'est le scepticisme qui emporte - notons que ceci relève du romanesque. Dans des cas comme Lourdes, il y a des miracles qui survivent mieux le regard de près et du scepticisme qui survit mieux à distance.

Par le fait de ne pas repondre (et par le fait de ne pas entrer dans les détails il y a deux ans) elle montre vis-à-vis le Géocentrisme contemporain un scepticisme qui survit mieux à distance.

II Ensuite je viens d'envoyer un courriel à un astronome il y a qqs jours:

S'il y a vraiment des observations astronomoques par "téléscopes" sur Mars, quelle est donc la distance minimum à la sphère des étoiles fixes ... à supposer biensûr que la cosmologie moderne est fausse et qu'il y a alors une sphère des étoiles fixes?

Je sais que les parallaxes prévisibles selon la thèse héliocentrique n'ont pas été (n'avaient pas été en 2006) vérifiées de Mars, parce que les téléscopes (ou peut-être on appelle les instruments à lentilles autre chose en français) qui s'y trouvent (si ce n'est pas un escroc, ce qui n'est pas du tout ma thèse priviligiée, mais au contraire une conclusion que j'aimerais éviter) n'ont pas la même force que les grandes téléscopes qu'on utilise sur terre pour vérifier le phénomène de Bessel.

De ce côté là la phénomène de Bessel pourrait bien être que des anges meuvent les étoiles ou certaines des étoiles en temps avec le soleil (abstraction faite de la rotation diurne de l'univers). Le contraire aurait, avec des télescopes plus forts, pu être vérifié de Mars, mais ne l'a pas été.

Par contre, je me rends compte que si la la terre est immobile et la sphère des étoiles était par exemple juste en dehors de la distance de Pluton quand il est le plus loin et audelà du soleil (pluton en aphélie, terre en aphélie et terre et pluton en opposition vus du soleil - je ne sais pas quand une chose comme ça serait arrivée, mais ça doit pouvoir être arrivé), alors une autre parallaxe serait prévisible dès qu'on se trouve sur Mars, ne fût-ce qu'avec des téléscopes trop faibles pour un angle de zéro point 76 secondes de l'arc - comme c'est le cas pour proxima Centauri dans le phénomène de Bessel.

Donc, quelle est la distance minimale que ces étoiles doivent avoir de nous et de Mars pour qu'on ne détecte pas de parallaxe martienne notable déjà avec les instruments qu'on a sur la planète rouge, par exemple des parallaxes martiennes de 20° 20' 20" par année martienne?*

Hans-Georg Lundahl


Un astronome aurait pu répondre sur cette question en une quart d'heure. Je ne prétends pas être astronome moi-même. Lui, il avait/a (toujours) une adresse internet liée à l'observatoire de Paris. Il n'a pas répondu encore.

III Ce matin une personne qui avait pu regarder le message il y a qqs semaines m'a dit que les sujets - dont ceci - étaient compliqués. En ne pas étant pleinement d'accord je lui ai demandé "au moins l'héliocentrisme n'est donc pas un sujet tout simple à prouver, c'est juste tout simple que tout le monde à peu près est d'accord que les scientifiques le savent mieux?" - elle n'a pas nié. (Notons, une femme africaine n'est pas forcément tellement avide du débat, des discussions d'un sujet de désaccord, surtout avec invités, que les hommes européens, elle a bien pu être simplement polie).

IV Finalement, Sungenis m'a ajouté sur son réseau de LinkedIn./HGL

*Clarification le lendemain:

Ce n'est pas l'année martienne à elle seule qui, selon le géocentrisme donne le décart le plus important. C'est biensûr les positions extrêmes de Mars par rapport à la Terre. P. ex. si le Soleil est dans la Vierge et Mars au-delà du Soleil dans la Vierge ou inversément le Soleil est dans les Poissons et Mars audelà du Soleil dans les Poissons - la périodicité est un produit de l'année martienne par rapport au Soleil et l'année solaire par rapport à la Terre. Mais, quelle que soit la périodicité, pour une distance pensable aux étoiles fixes, on aurait une parallaxe entre les positions extrêmes de 20° etc. observables de Mars, pour une autre distance pensable plus loin une parallaxe de 5° et pour la distance réelle, si les téléscopes sur Mars sont là, on n'a pas de parallaxe observable avec les isntruments qui se trouvent sur Mars.

D'où ma question à l'astronome: quelle est cette distance?/HGL

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